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Table de brunch dressée en terrasse avec œufs brouillés, bacon, saumon fumé et pancakes
Guide culturel · Paris 20e

Qu’est-ce qu’un brunch ? Origine, horaires et composition du brunch à la française

Café Juliette · 1 rue d’Avron, Paris 20e

Le brunch est un repas pris en fin de matinée qui réunit le petit-déjeuner et le déjeuner, en mêlant sucré et salé dans une même tablée. On le prend surtout le week-end, sans se presser, entre 10 h et 15 h environ.

Voilà pour la réponse courte. Car c’est une question que beaucoup se posent sans oser la poser à voix haute : on a tous été invités un jour à « bruncher », on a tous vu passer des assiettes d’œufs pochés et de pancakes, mais où s’arrête le petit-déjeuner tardif et où commence le vrai brunch ? Pourquoi un mot anglais pour un repas que les Parisiens ont fait leur ? Et que mettre dans l’assiette pour que ce soit réussi ? Depuis notre brasserie de la rue d’Avron, on vous raconte ce qu’on sait du brunch : son nom, son histoire, ses horaires, sa composition et la façon dont une brasserie de quartier le réinvente en fait maison.

Le mot et la chose

Brunch : définition d’un mot-valise (breakfast + lunch)

Le mot dit tout. Brunch soude le début de breakfast, le petit-déjeuner, à la fin de lunch, le déjeuner. C’est ce que les linguistes appellent un mot-valise : deux mots qu’on tasse dans une seule valise pour désigner une réalité nouvelle. Ici, un repas qui n’est ni tout à fait le premier de la journée, ni tout à fait celui de midi.

Concrètement, le brunch se prend quand on s’est levé tard, souvent après une grasse matinée, et qu’on préfère un seul vrai repas plutôt que deux. Il en hérite des deux côtés : la boisson chaude, le jus et les douceurs du matin d’un côté ; les œufs, le pain, les salades et les assiettes plus consistantes du midi de l’autre.

Panier de viennoiseries, tartines de baguette et confiture : l'héritage petit-déjeuner du brunch

Ce qui distingue un brunch d’un simple petit-déjeuner tardif

Un café-croissant avalé à 11 h reste un petit-déjeuner, même tardif. Le brunch change d’échelle : il mêle franchement sucré et salé, il remplace le déjeuner et il se vit à table, sur la durée. Nous avons détaillé cette comparaison, avec ses nuances, sur notre page consacrée au brunch dans le 20e et sa différence avec le petit-déjeuner.

Brunch, « petit-déjeuner à l’anglaise », « déjeuner du dimanche » : lever les confusions

Le full English breakfast (œufs, bacon, saucisses, haricots, toasts) est un petit-déjeuner copieux, pris tôt, entièrement salé : il a nourri l’imaginaire du brunch sans en être un. Le déjeuner du dimanche, à la française, est un repas de midi structuré en entrée, plat, dessert, souvent long et familial. Le brunch se glisse entre les deux : plus tardif que le premier, plus libre que le second, sans ordre de service imposé. On peut commencer par un pancake et finir par une salade, personne n’y trouvera rien à redire.

Un peu d’histoire

D’où vient le brunch ? Une petite histoire

Sources : Merriam-Webster, Smithsonian Magazine, et Farha Ternikar, Brunch: A History (Rowman & Littlefield, 2014).

1895, Angleterre : « Brunch: A Plea » de Guy Beringer

Le mot apparaît dans la presse britannique en 1895. On en attribue l’invention à Guy Beringer, auteur d’un court essai intitulé « Brunch: A Plea » paru dans le magazine Hunter’s Weekly. Son plaidoyer est savoureux : plutôt que d’imposer, le dimanche, un lourd déjeuner d’après-messe à base de viandes et de tourtes, pourquoi ne pas servir vers midi un repas plus léger, commençant par le thé ou le café et la marmelade ? Selon lui, le brunch rend les gens joyeux et bavards, et balaie les soucis de la semaine. Le dictionnaire Merriam-Webster date d’ailleurs le premier usage connu du mot de cette même année 1895.

L’Amérique des années 1930 : hôtels, stars et messes dominicales

Le brunch traverse l’Atlantique et trouve son terrain de jeu aux États-Unis. Dans les années 1930, comme le rappelle le Smithsonian Magazine, les stars de cinéma et les voyageurs aisés qui traversent le pays en train font escale à Chicago et prennent l’habitude d’un repas de fin de matinée. Les grands hôtels, qui ferment souvent leurs cuisines le dimanche matin, y voient un moyen de servir leurs clients. Après la Seconde Guerre mondiale, la baisse de la pratique religieuse libère le dimanche matin : le brunch devient un rendez-vous social, que les restaurants accompagnent de cocktails pour lancer la journée.

L’arrivée à Paris : du rituel anglo-saxon à la brasserie de quartier

Paris découvre le brunch par les cafés tenus ou fréquentés par des anglo-saxons, puis par les adresses branchées de la rive droite. Dans les années 2000, le phénomène explose : le dimanche, on fait la queue pour des œufs bénédicte et des pancakes, et le mot entre dans le langage courant. Depuis, le brunch a quitté le seul registre de la tendance. Il s’est installé dans des lieux plus simples, cafés de quartier et brasseries, qui l’ont adapté à leur propre cuisine. C’est cette version-là, plus française, qu’on sert aujourd’hui rue d’Avron.

Serveur souriant apportant des tasses de café en terrasse un matin de week-end
Le bon créneau

À quelle heure brunche-t-on ?

Les créneaux types : de 10 h à 15 h, samedi ou dimanche

Le brunch commence là où le petit-déjeuner classique s’arrête. La plupart des adresses ouvrent leur service vers 10 h et le referment vers 15 h. Le cœur du rush se situe entre 11 h 30 et 13 h 30 : c’est l’heure où l’on a vraiment faim et où les tables se remplissent. Arriver tôt, c’est profiter d’une salle calme ; arriver tard, c’est accepter un brunch qui glisse doucement vers l’après-midi. Le dimanche reste le jour historique, mais le samedi s’est imposé partout.

Au Café Juliette : service continu samedi et dimanche, de 10 h à 15 h

Rue d’Avron, le brunch est servi le samedi et le dimanche de 10 h à 15 h, en continu. Pas de créneau d’une heure et demie à respecter, pas de deuxième service qui pousse vers la sortie : on arrive quand on veut sur la plage horaire et on reste le temps qu’il faut. En semaine, c’est le petit-déjeuner qui ouvre la journée de la brasserie.

Dans l’assiette

Que mange-t-on au brunch ? La composition type

Il n’existe pas de menu officiel du brunch, mais une grammaire commune s’est installée partout : une boisson chaude, une boisson fraîche, au moins un plat sucré et un plat salé. La règle d’or, c’est l’équilibre. Un brunch tout sucré écœure vite, un brunch tout salé ressemble à un déjeuner avancé.

Table de brunch garnie de pancakes, planche de fromages et charcuterie

Le sucré

Viennoiseries, pancakes moelleux, gaufres, pain perdu doré, granola avec yaourt et fruits frais de saison, miel ou sirop d'érable.

Tartine de pain grillé garnie d’avocat et de saumon fumé, classique salé du brunch

Le salé

Œufs brouillés, pochés façon bénédicte ou mollets, avocado toast, croque-monsieur, tartines, salades composées.

Cocktail orangé garni d’une rondelle d’agrume séchée, servi en verre à pied

Les boissons

Café, thé, chocolat chaud, jus pressé… et, pour les amateurs, le brunch cocktail : mimosa ou bloody mary.

Le sucré : viennoiseries, pancakes, gaufres, granola, fruits

C’est la part héritée du petit-déjeuner. Le croissant et le pain au chocolat jouent le rôle de mise en bouche ; les pancakes et le pain perdu, celui de plat sucré à part entière. Le granola servi avec un yaourt et des fruits apporte une note plus légère, appréciée de ceux qui veulent garder de la place pour le salé. Un bon indice de qualité : des fruits qui suivent la saison plutôt qu’une salade de fruits identique toute l’année.

Le salé : œufs, avocado toast, croque-monsieur, salades

L’œuf est le roi du brunch. Brouillé, il doit rester crémeux ; poché sur un muffin avec une sauce hollandaise, il devient l’œuf bénédicte, emblème new-yorkais ; mollet, il se trempe dans des mouillettes. L’avocado toast s’est imposé dans les années 2010, le croque-monsieur rappelle que le brunch parisien n’a pas oublié ses racines de café. La salade composée, enfin, apporte la fraîcheur et fait le lien avec le déjeuner.

Les boissons : café, jus pressé, chocolat, et le brunch cocktail

Une boisson chaude et un jus pressé forment le duo de base. Le jus d’orange reste le classique, mais les jus de saison ou les mélanges pomme-gingembre ajoutent du peps. Venu des États-Unis, le brunch cocktail accompagne parfois la fin de matinée : le mimosa marie champagne et jus d’orange, le bloody mary associe vodka, jus de tomate et épices. Ils restent une option, jamais une obligation, et un jus frais fait très bien l’affaire.

Végétarien, sans gluten, enfants : adapter la formule

Le brunch est l’un des repas les plus faciles à adapter. Les végétariens trouvent leur bonheur côté œufs, avocat, granola, pancakes et salades. Pour une intolérance au gluten, mieux vaut prévenir en réservant : le pain est partout au brunch, mais beaucoup de plats s’en passent. Les enfants, eux, adorent la partie sucrée ; au Café Juliette, la carte de la brasserie prévoit en plus un menu enfant, à signaler au moment de la réservation. Les allergènes sont indiqués sur place.

Salle de brasserie au style rétro chic avec banquette rose et miroirs, prête pour le brunch

Version brasserie

Le brunch « à la française » : quand la brasserie s’en empare

Des classiques de brasserie dans l’assiette

Quand une brasserie parisienne sert un brunch, elle ne copie pas New York : elle y glisse son propre répertoire. On retrouve les codes du brunch à la française, œufs, croque-monsieur, tartines, viennoiseries et café servi sans se presser, à côté des grands classiques venus d’outre-Atlantique. C’est la même logique que la carte du reste de la semaine, dont nous racontons l’histoire dans notre guide des plats typiques de la brasserie parisienne.

Au Café Juliette, la sélection du brunch fait se côtoyer un œuf bénédicte bacon sur bun brioché et sauce hollandaise, des pancakes ou gaufres au sirop d’érable et fruits rouges, des brioches façon pain perdu au caramel et glace vanille, des tartines servies avec salade (guacamole, avocat, chèvre frais et œuf, croque-monsieur) et un fromage blanc granola et fruits.

Pourquoi le fait maison change tout

Un brunch peut vite devenir un assemblage de produits industriels : pancakes sortis d’un sachet, sauce en bocal, jus reconstitué. La différence se voit et se goûte. Une hollandaise montée en cuisine, des œufs pochés à la commande, un granola torréfié sur place donnent au repas une tout autre tenue. C’est le parti pris de notre cuisine, que nous détaillons dans l’article sur le restaurant fait maison dans le 20e.

Mode d’emploi

Formule, à la carte ou à volonté : les différents formats de brunch

Derrière le même mot se cachent plusieurs façons de servir. Les connaître aide à choisir son adresse selon son appétit, son budget et le temps dont on dispose.

  • La formule

    Le format le plus répandu : une boisson chaude, un jus et un ou plusieurs plats à choisir dans une sélection. Lisible, équilibré, servi à table. C'est le choix du Café Juliette : boisson chaude, jus frais pressé et deux plats au choix, salés ou sucrés.

  • À la carte

    Chacun compose son brunch plat par plat. Idéal pour les petits appétits ou pour ceux qui ne jurent que par les œufs. Plus souple, mais l'addition dépend de la gourmandise de chacun.

  • Le buffet

    On se sert librement à un buffet garni, souvent dans les hôtels et les grandes salles. Généreux en apparence, il impose des produits qui tiennent à température ambiante et des créneaux souvent fixes.

Aucun format n’est meilleur dans l’absolu. La formule servie à table a l’avantage de la cuisson à la minute : un œuf poché n’attend pas sur un réchaud. Le buffet séduit les grandes tablées, la carte les indécis qui savent exactement ce qu’ils veulent. Pour le détail de ce que nous servons, le plus simple est de consulter la carte du Café Juliette.

Savoir-vivre

Les codes du brunch : réserver, venir en groupe, prendre son temps

Réserver. Le brunch est le repas le plus demandé du week-end. Pour une table de deux, on trouve souvent de la place en arrivant tôt ; au-delà de quatre, la réservation évite l’attente sur le trottoir.

Venir en groupe. Le brunch est un repas collectif par nature : anniversaire, retrouvailles, famille sur trois générations. Prévenez de la taille du groupe et des besoins particuliers (poussette, allergies, menu enfant). Pour une grande tablée, la privatisation de la brasserie peut aussi s’envisager.

Prendre son temps. C’est l’esprit même du plaidoyer de 1895 : un repas qui libère du stress de la semaine. On commande, on discute, on reprend un café. Aux beaux jours, la terrasse ajoute le plaisir du soleil de fin de matinée, comme on le raconte dans notre article sur le brunch en terrasse dans le 20e.

Terrasse de café parisien avec tables rondes et chaises en rotin, idéale pour un brunch au soleil

Vous vous demandez

Questions fréquentes sur le brunch

Qu'est-ce qu'un brunch exactement ?

Un brunch est un repas pris en fin de matinée, qui réunit le petit-déjeuner et le déjeuner en une seule tablée. On y mélange le sucré (viennoiseries, pancakes, granola, fruits) et le salé (œufs, tartines, salades), avec boissons chaudes et jus de fruits. C'est un repas de week-end, pensé pour durer.

Quelle est l'origine du mot brunch ?

Brunch est un mot-valise anglais formé de breakfast (petit-déjeuner) et de lunch (déjeuner). Le terme apparaît en Angleterre en 1895 : il est associé à l'essai « Brunch: A Plea » de Guy Beringer, publié dans le magazine Hunter's Weekly, qui plaidait pour un repas tardif du dimanche plus léger que le traditionnel déjeuner dominical.

À quelle heure commence un brunch ?

La plupart des brunchs se servent entre 10 h et 15 h, le samedi et surtout le dimanche. On arrive en général entre 11 h et 13 h. Au Café Juliette, rue d'Avron dans le 20e, le brunch est servi en continu le samedi et le dimanche de 10 h à 15 h, sans créneau imposé.

Brunch ou petit-déjeuner, quelle différence ?

Le petit-déjeuner est le premier repas de la journée, court et plutôt sucré. Le brunch le remplace et absorbe aussi le déjeuner : il arrive plus tard, associe sucré et salé dans des quantités de vrai repas et se prend sans se presser, le plus souvent le week-end.

Que boit-on au brunch ?

Une boisson chaude (café, thé, chocolat, cappuccino ou latte) et un jus de fruits pressé forment la base. Certains brunchs proposent aussi des cocktails de fin de matinée, comme le mimosa (champagne et jus d'orange) ou le bloody mary, hérités de la tradition américaine.

Le brunch se fait-il uniquement le dimanche ?

Non. Historiquement, le brunch est un repas du dimanche, mais la plupart des adresses le servent désormais le samedi et le dimanche. C'est le cas au Café Juliette, où le brunch est proposé les deux jours du week-end, de 10 h à 15 h.

Peut-on bruncher en famille avec des enfants ?

Oui, le brunch est même l'un des repas les plus faciles à partager en famille : horaires souples, plats sucrés que les enfants apprécient, ambiance détendue. Au Café Juliette, la carte de la brasserie prévoit un menu enfant ; le plus simple est de le préciser au moment de réserver.

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