Aller au contenu principal
Terrasse d'une brasserie du 20e arrondissement, à quelques minutes du cimetière du Père-Lachaise
Guide de visite · Paris 20e

Visiter le cimetière du Père-Lachaise : itinéraire, tombes célèbres et pause gourmande dans le 20e

Café Juliette · 1 rue d’Avron, Paris 20e

Visiter le cimetière du Père-Lachaise, c’est entrer dans le cimetière le plus visité au monde : plusieurs millions de promeneurs franchissent chaque année ses portes, venus saluer Jim Morrison, Édith Piaf, Chopin ou Oscar Wilde. Mais le Père-Lachaise n’est pas qu’une liste de tombes célèbres. C’est un immense jardin en pente, un musée de sculpture à ciel ouvert et un lieu de mémoire de l’histoire de Paris, où l’on vient encore se recueillir chaque jour.

Nous le voyons depuis la rue d’Avron : beaucoup de visiteurs arrivent sans plan, entrent par la première porte venue et passent une heure à chercher une division. Ce guide est écrit pour éviter cela. Après la lecture, vous saurez quelle entrée choisir, combien de temps prévoir, comment trouver une tombe précise, quel itinéraire suivre selon le temps dont vous disposez, et où faire une pause dans le quartier une fois la visite terminée.

Histoire et chiffres clés

Le Père-Lachaise en bref : histoire et chiffres clés

1804

Année d’ouverture du cimetière de l’Est

≈ 44 ha

De collines, d’allées et de jardins

70 000

Sépultures environ, sur 97 divisions

De la colline de Champ-l’Évêque au cimetière de l’Est (1804)

Avant d’être un cimetière, la colline était un domaine champêtre, longtemps appelé Champ-l’Évêque, au-dessus du village de Charonne. Au XVIIe siècle, les jésuites y possèdent une maison de campagne où séjourne le père François d’Aix de La Chaise, confesseur de Louis XIV : c’est lui qui laisse son nom au lieu. Au début du XIXe siècle, les cimetières du centre de Paris sont saturés et insalubres. La ville achète le terrain et confie l’aménagement à l’architecte Alexandre-Théodore Brongniart. Le cimetière de l’Est ouvre en 1804.

Les débuts sont lents : les Parisiens hésitent à enterrer leurs proches si loin du centre. Pour lancer le lieu, l’administration y transfère les restes de Molière et de La Fontaine, puis ceux d’Héloïse et Abélard. L’opération fonctionne, et le cimetière devient en quelques décennies le lieu d’inhumation recherché de la bourgeoisie, des artistes et des personnalités politiques. Il est agrandi à plusieurs reprises au cours du XIXe siècle, jusqu’à atteindre sa taille actuelle.

Un musée à ciel ouvert : architecture funéraire, sculptures, arbres

Ce qui frappe en premier, c’est la variété des monuments. Chapelles néogothiques, obélisques, pyramides, gisants en bronze, bustes de marbre : deux siècles d’art funéraire se côtoient le long des allées pavées. Certaines tombes sont signées par de grands sculpteurs, et le monument aux morts de Bartholomé, face à la porte principale, compte parmi les œuvres les plus photographiées.

Le Père-Lachaise est aussi l’un des plus grands espaces verts de Paris intra-muros. Des milliers d’arbres (marronniers, érables, tilleuls, ifs) ombragent les divisions, et la nature y reprend volontiers ses droits entre les pierres. Au printemps comme à l’automne, la lumière change d’une allée à l’autre : c’est une bonne raison de ne pas foncer d’une tombe à l’autre et de garder du temps pour marcher sans but précis.

Préparer sa visite

Infos pratiques pour préparer sa visite

Bien préparer sa visite du Père-Lachaise tient en quatre questions : par où entrer, comment venir, à quelle heure et avec quelles règles en tête. Le cimetière est vaste et vallonné ; dix minutes de préparation vous font gagner une heure sur place.

Les entrées : porte principale, porte Gambetta, porte du Repos, rue des Rondeaux

Porte principale

Boulevard de Ménilmontant

L’entrée monumentale, face à la rue de la Roquette. C’est la plus connue et la plus fréquentée. Elle ouvre sur l’allée principale et le monument aux morts de Bartholomé, au pied de la colline : la visite commence donc en montée.

Porte Gambetta

Avenue du Père-Lachaise

Située en haut du cimetière, à quelques minutes de la place Gambetta. C’est notre conseil pour une première visite : on démarre sur le plateau et l’on descend tranquillement vers le boulevard de Ménilmontant.

Porte du Repos

Rue du Repos

Une entrée latérale côté sud-ouest, proche du métro Philippe Auguste. Pratique pour rejoindre rapidement le secteur de Jim Morrison et de Chopin, dans les premières divisions.

Porte des Rondeaux

Rue des Rondeaux

Côté est, la plus proche du mur des Fédérés et des monuments à la mémoire des déportés. Une entrée plus calme, idéale pour un parcours consacré à l’histoire.

Accès en métro et bus : Père-Lachaise, Philippe Auguste, Gambetta

Trois stations desservent le cimetière. La station Père-Lachaise (lignes 2 et 3) et la station Philippe Auguste (ligne 2) se trouvent sur le boulevard de Ménilmontant, au plus près de la porte principale et de la porte du Repos. La station Gambetta (lignes 3 et 3 bis) débouche à quelques minutes de la porte Gambetta et de la rue des Rondeaux : c’est elle qu’il faut viser si vous suivez notre conseil de commencer par le haut. Plusieurs lignes de bus, dont la 69, rejoignent également la place Gambetta. Le vélo n’est pas admis dans le cimetière : stationnez-le aux abords.

Horaires, saisons, accessibilité, plans et visites guidées

Côté horaires, le Père-Lachaise ouvre tous les jours, avec un rythme d’hiver et un rythme d’été : ouverture plus tardive le samedi, le dimanche et les jours fériés, et fermeture plus tôt en hiver. Les portes ferment à heure fixe et la sortie est annoncée un peu avant ; ne vous engagez pas dans les divisions les plus éloignées en fin de journée. Les horaires officiels peuvent évoluer : vérifiez-les sur le site de la Ville de Paris le jour de votre visite.

Le terrain est le vrai défi. Les allées sont pavées, souvent irrégulières, et le dénivelé est marqué entre le boulevard de Ménilmontant et le plateau. Pour une personne à mobilité réduite, l’entrée par la porte Gambetta limite les montées ; certaines divisions restent toutefois difficiles d’accès. Des plans sont affichés à chaque entrée, et le bureau de la conservation, près de la porte principale, peut vous renseigner. Des visites guidées sont proposées par la Ville de Paris, des conférenciers et des associations : une bonne option pour découvrir l’histoire des monuments au-delà des noms célèbres.

Règles de respect : photos, silence, cérémonies en cours

Le Père-Lachaise est d’abord un cimetière en activité. Des inhumations y ont lieu chaque semaine, et des familles viennent fleurir les tombes de leurs proches. Les photos pour un usage personnel sont tolérées, mais on ne photographie jamais une cérémonie ni des personnes en recueillement. On parle bas, on reste dans les allées, on ne s’assoit pas et on ne monte pas sur les sépultures, on ne laisse rien sur les tombes en dehors de fleurs. Les chiens et les vélos ne sont pas admis. Si un convoi passe, on s’écarte et on laisse la famille avancer : c’est la règle du lieu, et c’est aussi ce qui permet de continuer à l’ouvrir à tous.

Les incontournables

Les tombes célèbres à ne pas manquer

Les tombes célèbres du Père-Lachaise se comptent par centaines. Plutôt que de viser l’exhaustivité, choisissez quelques noms qui vous parlent et regroupez-les par secteur. Voici les sépultures les plus demandées, classées par thème, avec leur division.

Musique et chanson : Jim Morrison, Édith Piaf, Chopin

La tombe de Jim Morrison (division 6), chanteur des Doors mort à Paris en 1971, reste la plus visitée : elle est modeste, coincée entre d’autres sépultures et protégée par une barrière. Frédéric Chopin repose tout près (division 11), sous une muse en pleurs ; son cœur, lui, est à Varsovie. Édith Piaf est inhumée dans la division 97, dans le haut du cimetière, une tombe familiale sobre et toujours fleurie.

Littérature et théâtre : Wilde, Molière, La Fontaine, Balzac, Proust, Apollinaire

Le monument d’Oscar Wilde (division 89), sculpté par Jacob Epstein, est protégé par une vitre depuis que les baisers au rouge à lèvres abîmaient la pierre. Molière et La Fontaine sont voisins (division 25). Balzac a son buste en division 48, Marcel Proust une dalle de granit noir en division 85, et Apollinaire un menhir gravé d’un calligramme en division 86.

Mémoire et histoire : le mur des Fédérés, les monuments aux déportés

Contre le mur d’enceinte est, en division 76, le mur des Fédérés rappelle les derniers combattants de la Commune fusillés là en mai 1871. Juste à côté, en division 97, s’alignent les monuments à la mémoire des déportés des camps nazis : un ensemble de sculptures saisissant, à parcourir en silence.

Le récapitulatif

Plan du Père-Lachaise : comment trouver une tombe précise

Le plan du Père-Lachaise est découpé en 97 divisions numérotées, séparées par des avenues et des chemins qui portent chacun un nom. C’est la seule clé fiable pour s’orienter : un nom célèbre ne suffit pas, il faut sa division. Avant de venir, notez les numéros qui vous intéressent, puis repérez-les sur le plan affiché à l’entrée et photographiez-le. Sur place, de petites plaques indiquent les numéros de division aux intersections.

Un conseil de terrain : les tombes célèbres sont rarement en bord d’allée. Une fois dans la bonne division, cherchez les visiteurs arrêtés ou les fleurs fraîches, et n’hésitez pas à demander aux agents du cimetière. Le tableau ci-dessous reprend les sépultures citées dans ce guide.

Tombe ou monumentDivisionEntrée la plus proche
Jim Morrison6Porte du Repos ou porte principale
Frédéric Chopin11Porte principale
Molière et La Fontaine25Porte principale
Honoré de Balzac48Porte principale (en montant)
Mur des Fédérés76Porte des Rondeaux
Marcel Proust85Porte Gambetta
Guillaume Apollinaire86Porte Gambetta
Oscar Wilde89Porte Gambetta
Édith Piaf97Porte Gambetta
Monuments aux déportés97Porte Gambetta ou des Rondeaux

Divisions indicatives : vérifiez-les sur le plan officiel affiché aux entrées du cimetière.

Selon votre temps

Trois itinéraires selon le temps dont vous disposez

Une visite du Père-Lachaise réussie suit la pente plutôt que de la combattre. Les trois parcours ci-dessous partent du principe qu’on descend, du plateau vers le boulevard de Ménilmontant, et qu’on garde le temps de s’arrêter.

01

Express (1 h 30) : depuis la porte Gambetta en descendant

Entrez par la porte Gambetta. Commencez par Oscar Wilde (division 89), puis rejoignez Édith Piaf et les monuments aux déportés (division 97). Faites un crochet par le mur des Fédérés (division 76) avant de redescendre vers Apollinaire (86) et Proust (85). Poursuivez par l’avenue principale jusqu’à Balzac (48), puis Chopin (11) et Jim Morrison (6). Sortez par la porte principale ou la porte du Repos : l’essentiel est vu, sans une seule grosse montée.

02

Classique (demi-journée)

Même point de départ, mais au rythme d’une promenade. Ajoutez Molière et La Fontaine (division 25), prenez le temps de faire le tour du monument aux morts de Bartholomé et de remonter les allées les plus anciennes, autour de la chapelle, d’où la vue s’ouvre sur Paris. Une demi-journée permet aussi de s’éloigner des tombes célèbres pour regarder les chapelles et les sculptures moins connues, qui font tout le charme du lieu. Prévoyez de l’eau et une pause sur un banc.

03

Thématique (romantique, artistes, histoire)

Pour un parcours romantique, partez de la tombe d’Héloïse et Abélard, près de la porte du Repos, puis de Chopin et des divisions anciennes du bas du cimetière. Le parcours artistes réunit Wilde, Proust, Apollinaire, Piaf et Morrison. Le parcours histoire part de la porte des Rondeaux, s’arrête au mur des Fédérés et aux monuments aux déportés, puis descend vers les tombes des grandes figures politiques. Chaque thème tient en deux heures environ.

Autour du cimetière

Combiner la visite avec le quartier : Gambetta, Avron, Nation

Avant ou après : flâner vers la place Gambetta et la rue d’Avron

En sortant par la porte Gambetta, la place est à deux pas, avec sa mairie du 20e et ses terrasses. En sortant par le bas, le boulevard de Ménilmontant ramène vers Charonne. De là, en descendant vers le sud, on rejoint la rue d’Avron puis la place de la Nation : une demi-heure de marche dans un Paris plus résidentiel, loin du flux touristique.

Pour d’autres idées de balade, notre guide que faire dans le 20e arrondissement et notre portrait du quartier Avron-Nation complètent bien la journée.

Terrasse d'un café parisien aux tables rondes en bois, dans les rues du 20e arrondissement

Où faire une pause déjeuner ou brunch après la visite

Après deux heures de marche sur les pavés, une vraie pause s’impose. Le Café Juliette, au 1 rue d’Avron, est une brasserie de quartier : cuisine française traditionnelle faite maison, service du matin au soir et terrasse sur la rue. Pour un restaurant près de Gambetta et du Père-Lachaise, c’est une adresse simple où s’asseoir sans réserver longtemps à l’avance. Le week-end, le brunch dans le 20e suit très bien une visite du matin.

Si vous êtes curieux de ce qu’on mange dans une brasserie parisienne, notre article sur les plats typiques de brasserie vous aidera à choisir.

Façade du Café Juliette rue d'Avron avec son store orange et sa terrasse ombragée

Une brasserie de quartier, rue d’Avron

Table de brunch en terrasse avec œufs brouillés, saumon fumé et pancakes

Le brunch du week-end

Salle chaleureuse du Café Juliette avec banquette rose et chaises en bois

Une salle pour se réchauffer

Vous vous demandez

Questions fréquentes sur la visite du Père-Lachaise

Le Père-Lachaise est-il gratuit ?

Oui. L’entrée du cimetière du Père-Lachaise est libre et gratuite, comme celle de tous les cimetières parisiens. Seules les visites guidées proposées par des conférenciers ou des associations sont payantes, sur réservation auprès de leurs organisateurs.

Combien de temps prévoir pour visiter le Père-Lachaise ?

Comptez environ 1 h 30 pour un parcours express centré sur une dizaine de tombes célèbres, et une demi-journée pour une visite classique qui laisse le temps de flâner. Le cimetière s’étend sur une quarantaine d’hectares en pente : prévoyez de bonnes chaussures et une marge pour vous orienter.

Par quelle entrée commencer la visite ?

Pour une première visite, entrez par la porte Gambetta, en haut du cimetière, et descendez vers le boulevard de Ménilmontant : vous marchez ainsi dans le sens de la pente. La porte principale reste l’entrée la plus emblématique, mais la visite commence alors par une montée.

Peut-on visiter le Père-Lachaise avec des enfants ?

Oui, à condition d’expliquer en amont qu’il s’agit d’un lieu de recueillement où l’on parle bas et où l’on ne court pas entre les tombes. Les allées pavées et les pentes rendent la poussette peu confortable : un porte-bébé est plus pratique. Un parcours court, en jeu de piste autour de quelques sculptures, fonctionne bien avec les plus grands.

Où se trouve la tombe de Jim Morrison ?

La tombe de Jim Morrison est dans la 6e division, dans la partie basse du cimetière, non loin de la porte du Repos et de la porte principale. Elle est discrète, entourée d’autres sépultures et protégée par une barrière : repérez la division sur le plan affiché aux entrées avant de vous engager dans les allées.

Peut-on pique-niquer ou manger dans le cimetière ?

Non. Le règlement des cimetières parisiens ne permet pas de pique-niquer : c’est un lieu de recueillement. Le plus simple est de prévoir une pause avant ou après la visite dans le quartier, côté Gambetta ou rue d’Avron, où cafés et brasseries servent du matin au soir.

Comment trouver une tombe précise au Père-Lachaise ?

Chaque sépulture est rattachée à une division numérotée. Notez la division avant de venir, consultez le plan affiché à chaque entrée, puis suivez les plaques indiquant les numéros de division et les noms des avenues. Le bureau de la conservation, près de la porte principale, peut aussi vous orienter.

Terrasse d'un café du 20e avec tables rondes et chaises en rotin, pour une pause après la visite

Pour conclure

Après la visite, reprenez des forces à deux pas, rue d’Avron

Visiter le cimetière du Père-Lachaise demande peu de choses : une entrée bien choisie, quelques divisions notées à l’avance, de bonnes chaussures et le respect d’un lieu où d’autres viennent se recueillir. Le reste est affaire de temps : une heure et demie pour les grands noms, une demi-journée pour se laisser porter par les allées.

Quand vous ressortez, le quartier prend le relais. Un café en terrasse, un déjeuner fait maison ou un brunch le week-end : le Café Juliette vous attend à quelques minutes, du côté de Gambetta et de la Nation.

Réserver une table